L'apiculture, une nouvelle branche de production

20 avril 2020

La météo aidant, la récolte de miel peut être généreuse : une récolte moyenne annuelle s’élève à environ 20 kilos par colonie productrice, mais peut fortement varier, de presque 0 à plus de 40 kg.

En vente directe ou sur les marchés, un pot de miel de 500 grammes peut se vendre entre 12 et 15 francs. En écoulant sa production avec des grossistes et revendeurs, les prix peuvent atteindre 14 à 18 francs par kilo.  N’oublions pas que la contribution des abeilles mellifères (en plus du travail de toutes les abeilles sauvages) est estimée à plus de 400 millions de francs pour l’agriculture en Suisse (on parle d’une valeur de 150 à 400 francs par hectare pour des cultures fruitières par exemple). Le rendement supplémentaire d’un hectare de colza avec des ruches en bordure est difficile à mesurer ; certaines publications parlent de 10, voire 30% de rendement additionnel, ce qui voudrait dire plus de 1'000 kilos supplémentaires.

L’apiculteur est confronté à de nombreuses menaces: maladies, parasites, prédateurs, manque de diversité florale ou effets secondaires des pesticides. C’est ce qui rend l’apiculture passionnément intéressante, mais exigeante : les apicultrices et apiculteurs doivent travailler consciencieusement et faire preuve de grandes compétences. La détention des abeilles nécessite, du fait de la perte régulière de colonies, de très bonnes connaissances de base, ainsi que de l’expérience, qui s’acquiert au fil des années de pratique. 

 © Boris Smokrovic

En collaboration étroite avec la Fédération Fribourgeoise d’Apiculture (FFA), Grangeneuve a mis sur pied un module « Apiculture », en français, ouvert aux candidats au brevet agricole. La première volée de formation de cette année a rencontré un écho très favorable auprès des agriculteurs et des apiculteurs.

Apisuisse, l'organisation faîtière des apicultrices et apiculteurs suisses, représente les intérêts d'environ 19'000 membres, qui détiennent en moyenne 10 colonies. Pourquoi pas vous ? Actuellement très en vogue, la détention des abeilles mérite d’être considérée à sa juste mesure. Il est conseillé de démarrer gentiment avec l’apiculture : garder 1 ou 2 ruches durant les premières années, pour se faire la main, et participer à un cours de base reconnu. Ensuite, toutes les possibilités de développement restent ouvertes et prometteuses.

Grâce à son Rucher-Ecole, récemment rénové et mis à jour, Grangeneuve dispose d’un outil de formation et de démonstration parfaitement adapté aux besoins. En sus de la production de miel, de cire et de testage de jeunes reines, en passant par l’évaluation de méthodes alternatives de lutte contre le Varroa destructor (par chauffage alterné des rayons par exemple), le Rucher-Ecole sert non seulement de but de visite pour des sorties d’entreprises ou écoles, mais est aussi à disposition de toutes les sociétés d’apiculture du canton pour la formation de base, la formation continue ou autres interactions entre les agriculteurs et apiculteurs.

Eric Dorthe & Olivier Pittet