Les antibiotiques sont-ils une nécessité ?

20 avril 2020

Si le recours aux antibiotiques reste indispensable pour traiter certaines boiteries, une meilleure connaissance des différents troubles de l’appareil locomoteur va permettre de diminuer leur utilisation par une prévention plus efficace et un traitement mieux ciblé.

Les boiteries font parties, avec les mammites et les troubles de la reproduction, des problèmes les plus fréquemment rencontrés dans les élevages laitiers.

On distingue ainsi 4 maladies majeures : le panaris, le fourchet ou dermatite digitée, la maladie de Mortellaro ou dermatite interdigitée, et les fourbures. Dans le cadre de leur traitement, le recours à l’antibiothérapie est parfois nécessaire et indispensable. Cependant, il n’est pas obligatoire dans tous les cas de boiteries, l’origine infectieuse n’étant pas systématique. Il est pourtant fréquent de nos jours que des antibiotiques soient utilisés couramment dans le traitement de boiteries, sans examen préalable. Cette utilisation d’antibiotiques sans diagnostic  n’est pas sans risque, tout d’abord pour l’animal qui reçoit un traitement inefficace ou inutile en excès, mais aussi pour l’antibactérien qui pourra voir son efficacité diminuer à l’avenir par le phénomène d’antibiorésistance. Un diagnostic précis doit donc être réalisé afin d’adapter au mieux le traitement à l’animal.

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Selon les différentes pathologies identifiées, un traitement aux antibiotiques sera nécessaire ou pas :

› Panaris : L’infection se faisant par des germes, l’usage d’antibiotiques par voie systémique est indispensable lorsqu’il est diagnostiqué. 

› Fourchet : L’atteinte infectieuse ne se faisant qu’au niveau épidermique, le recours aux antibactériens se fera par voie topique. Une utilisation systémique sera réalisée seulement dans les cas de complications impliquant les tissus profonds. Par ailleurs, le parage et l’amélioration de l’hygiène des bâtiments demeurent les traitements et actes préventifs prioritaires.

› Maladie de Mortellaro : Un traitement individuel par voie topique peut se justifier suivant le diagnostic.

› Fourbures : Elles surviennent suite à des troubles de la circulation sanguine. La composante infectieuse n’étant pas établie, la prescription d’antibiotiques n’est pas utile.

D’une manière générale, le recours à des antibiotiques en pédiluves est à proscrire en raison des risques environnementaux et d’antibiorésistances. L’utilisation raisonnée des antibiotiques lors du diagnostic de boiteries est primordial afin de garantir une efficacité clinique du traitement pour l’animal, mais également comme enjeux environnementaux et de santé publique afin de contrer les phénomènes d’antibiorésistance. Toutefois, les méthodes préventives n’en demeurent pas moins essentielles, comme le maintien d’une bonne hygiène dans les bâtiments, le parage régulier des onglons, l’accès au pâturage, l’entretien d’un système immunitaire performant, l’équilibre des rations alimentaires.

Jonathan Fleurent