Pissenlit, ma prairie attrape la jaunisse
Le pissenlit (Taraxacum officinale) est une herbe tantôt appréciée par l’abeille pour son nectar et par la vache pour son goût et ses valeurs, tantôt mal aimée par le producteur car peu massive. Quelques individus ne sont pas un problème, une nuée le devient. À ce moment, une comparaison des secteurs avec beaucoup ou très peu de pissenlit est très instructive sur l’exploitation de la prairie.
De base, le pissenlit est un opportuniste qui profite des espaces laissés vides dans les prairies fatiguées : cherchez tout ce qui affaiblit les bonnes graminées et les trèfles blancs, et vous trouverez la solution.
Divers facteurs interviennent, souvent cumulés :
› des conditions sèches répétées, surtout en exposition sud ;
› une utilisation systématique en fauche, sans pâture de printemps ;
› un intervalle trop rapproché entre les coupes, surtout si le milieu ne le
permet pas ;
› un manque général de peps, avec une fumure azotée - voire S ou Mg ou P - sous-dotée ;
› du purinage en conditions chaudes - même avec pendillards ;
› des hersages trop agressifs au mauvais moment ;
› une hauteur de fauche irrégulière et basse ;
› du piétinement excessif en automne, des campagnols, etc.
Des remèdes à cette jaunisse ? Assurer au moins 30 kg N/ha/coupe sur les prairies les plus intensives, varier les prairies qui seront fauchées en premier au printemps, pâturer au printemps, sursemer régulièrement encore et toujours, chauler. Et laisser le temps aux prairies de faire des réserves. Tout le monde a déjà entendu « la luzerne, il faut la laisser fleurir, … blablabla… ». Faisons pareil avec les graminées : fichons-leur la paix pendant au minimum 6 semaines en septembre-octobre, qu’elles fassent de belles réserves et repartent gaillardement au printemps suivant. Ainsi seulement une prairie s’immunisera contre ses petits comédons jaunes en excès.
© Grangeneuve