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Obligation d’annonce et de lutte contre le souchet comestible dans toute la Suisse

6 mai 2026
Le souchet comestible est une plante problématique qui continue de se propager. La lutte reste difficile, mais pour augmenter les chances de réussite, chaque foyer doit désormais être signalé auprès du service phytosanitaire cantonal.

Une infestation par le souchet comestible semble souvent inoffensive durant les premières années. Mais si rien n’est entrepris dès le début et de manière systématique contre cette mauvaise herbe, elle devient rapidement envahissante, car elle a un énorme potentiel de reproduction et peut facilement être dispersée par les machines.
Le souchet comestible se reconnait à sa tige, de forme triangulaire, pleine (pas creuse) et sans nœuds, contrairement aux autres graminées, ainsi qu’à ses feuilles vert-clair, pliées en V, et à ses fleurs jaune doré à brunes. Il se multiplie principalement par de petits tubercules de la taille d’un pois, d’abord blancs puis brunâtres. Ils sont produits en masse, jusqu’à plus de 800 en une saison. On peut les retrouver jusqu’à 50 cm de profondeur. Ils germent de début mai à début septembre. C’est précisément par le biais de ces tubercules, qui adhèrent aux machines avec la terre, que la plante se propage au sein des parcelles et entre celles-ci.

© Grangeneuve

Il n’existe pas de solution simple de lutte. Les rares herbicides à efficacité partielle ne sont absorbés par la plante que jusqu’au stade 5 feuilles au maximum, après quoi la cuticule (couche de cire) est trop épaisse. Toutes les mesures de lutte ont cependant le même objectif : éviter que le souchet dépasse le stade 5 feuilles, afin d’empêcher la formation de nouveaux tubercules. Les mesures sont à adapter au cas par cas, mais il est toujours important d’assurer un suivi et de lutter contre les plantes isolées : un décapage et une évacuation de la terre contaminée sont recommandés si la surface infestée représente moins d’un demi-are. Pour une surface de quelques ares, une stérilisation du sol à la vapeur peut être envisagée.
Une alternative consiste à pratiquer ce qu’on appelle une « jachère noire ». La zone infestée (jusqu’à env. 10 ares) sera laissée nue et travaillée de manière répétée à chaque nouvelle levée de souchet.
En cas d’infestations à large échelle, la rotation des cultures doit être adaptée en y mettant des cultures d’automne et des cultures de printemps semées tard, notamment du maïs. Un semis tardif à fin mai début juin permet de détruire mécaniquement autant de vagues de germination que possible et, dans le cas du maïs, d’incorporer du diméthénamide-P en pré-semis et d’utiliser des herbicides adaptés. En culture maraîchère, le sarclage intensif robotisé donne de bons résultats.
Depuis le 1er janvier 2026, les parcelles infestées de souchet comestible doivent être signalées au service phytosanitaire cantonal (RS 916.23).
Les entreprises de travaux agricoles qui effectuent des travaux sur les parcelles concernées doivent également être informées à l’avance et avec précision des zones infestées. Les entreprises chargées d’effectuer des travaux sur des parcelles infestées doivent planifier leurs travaux de sorte que les zones infestées de la parcelle soient travaillées en dernier. Les parties des véhicules et des machines qui ont été en contact avec de la terre infestée par du souchet doivent impérativement être nettoyées. Enfin, les agriculteurs doivent prendre des mesures, conformément aux recommandations du service phytosanitaire cantonal, afin de réduire l’infestation par le souchet dans les parcelles concernées.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., responsable du secteur production végétale et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., suppléant du secteur production végétale